Un mac minimaliste

Un Mac minimaliste pour optimiser OS X

Avec la sortie de Yosemite il y a quelques mois, beaucoup d’utilisateurs Mac ont connu quelques déboires et ratés. Cette version d’OS X étant une refonte graphique – dans un temps semble-t-il record –, il est vrai que l’optimisation logicielle a pu en souffrir quelque peu. Apple l’avoue d’ailleurs à demi-mots puisque la prochaine mise à jour du système d’exploitation, El Capitan, est très largement dédiée à l’optimisation des performances.

Voyant des utilisateurs se plaindre des performances de leur Mac acheté il y a moins d’un an, je me suis dit qu’un petit tutoriel pourrait aider. En effet, j’utilise un iMac 2008 au quotidien – par choix – et je n’ai pas trop à me plaindre de Yosemite en comparaison de Mavericks ou Mountain Lion : celui-ci m’a apporté une meilleure gestion de la RAM et, surtout, m’a permis de bénéficier des nouvelles versions d’un nombre important d’applications. Au final, l’iMac tourne relativement bien 7 ans après son achat.

Mon « secret » pour arriver à ce résultat est… la simplification. Depuis OS 10.7, mon Mac est devenu minimaliste, ce qui encourage une utilisation particulière, qui ne tire par sur la corde bien usée de ce vieux compagnon. Vous l’aurez compris, ce tutoriel ne s’adresse pas qu’aux utilisateurs de Yosemite ; ceux restés sous Mountain Lion et Mavericks pourront également y gagner.

Voyons tout ce qu’il est possible de simplifier pour retrouver un peu de pep’s.

Les effets graphiques

La refonte graphique d’OS X a amené quelques nouveautés qui peuvent se révéler très gourmandes au quotidien : on pourra notamment citer la transparence ou les widgets. D’autres effets ne sont pas à négliger pour autant puisque si nous accumulons le tout, cela peut faire une différence bien visible sur des appareils un peu plus anciens.

La capture suivante est un résumé des réglages à faire pour simplifier au minimum OS X.

Réglages pour optimiser Yosemite

Comme vous pouvez le voir – clic droit et « ouvrir l’image dans un nouvel onglet » si cela est trop petit –, un passage rapide dans les Préférences Système peut très largement aider.

  1. Dans Général, on affichera toujours les barres de défilement.
  2. Dans Dock, on désactivera l’agrandissement et l’animation des apps lors de leur ouverture, et on privilégiera l’effet d’échelle pour le type de réduction.
  3. Dans Mission Control, on désactivera le dashboard.
  4. Dans Accessibilité, on réduira l’effet de transparence – et pourquoi pas augmenter le contraste si vous souhaitez des boutons bien délimités.
  5. Dans Utilisateurs et groupes, enfin, on désencombrera la liste d’ouverture automatique à l’ouverture de session pour ne garder que l’essentiel.

Quant aux widgets, comme vous pouvez le constater, il n’y en a qu’un : Memory Monitor, que vous pourrez télécharger gratuitement sur l’App Store et qui permet de surveiller la gestion de la RAM puis de la purger si besoin – à noter que si je n’avais pas que 4 go de RAM, je m’en passerais très certainement et vous présenterais un panneau vide.

Je sais que ces réglages seront synonymes de chagrin pour certains mais, très sincèrement, une fois que l’on s’y est habitué, on ne se souvient même plus de l’aspect originel de Yosemite.

Les petits trucs qui font gagner gros

Avec les réglages graphiques, nous n’avons fait que poser une base. Elle pourrait très bien être suffisante à vos yeux mais il y a tout un tas de petits réglages supplémentaires à envisager pour optimiser au maximum votre installation.

Un bureau épuré

Dans l’idéal, votre bureau devrait être le plus simple possible :

  • un fond uni ;
  • pas de fond qui change à intervalles réguliers ;
  • pas de dossiers.

Tout ceci est extrême, j’en conviens, mais si vous pousser une ancienne machine dans ces retranchements, il faut l’envisager. Dans ce cas, effectuez un clic droit sur le bureau et cliquez sur « Modifier le fond d’écran ». Le panneau des Préférences Système devrait s’ouvrir.

Background

Une petite astuce « productivité » pour les autres en passant : pourquoi ne pas utiliser un pense-bête comme fond d’écran ? Voilà par exemple ce que j’utilise dans le domaine de la typographie…

desktop-idee

Vous doutez peut-être de l’intérêt d’un fond d’écran « utilitaire » qui sera forcément recouvert par une multitude de fenêtres… l’astuce est tout simplement de créer plusieurs espaces (Mission Control) et de basculer d’un bureau à l’autre au besoin.

Un dock simplifié

Si nous avons changé les préférences du Dock dans l’étape précédente, il y a encore quelques petites choses à considérer.

Nous rappellerons par exemple qu’un Dock qui ne contient que les apps qui vous servent au quotidien est un dock bien utilisé. Certains utilisateurs intensifs de Spotlight vont même jusqu’à n’y afficher que les apps en cours d’utilisation.

Si vous ne souhaitez pas aller jusque là, il y a quand même un détail à considérer pour les piles (les dossiers ajoutés du côté droit du dock, à côté de la corbeille).

Stack-folder

Cela n’a l’air de rien mais les afficher comme « Dossier » (clic droit sur le dossier) permet d’en désactiver l’aperçu (« Afficher comme Pile ») donc d’alléger encore un peu plus les effets graphiques que le système doit gérer. En outre, c’est une astuce bien utile si vous désirez cacher le contenu de ces piles lors d’une présentation ou dans un lieu public.

À noter que l’affichage du contenu comme « Liste » ou « Grille » est à privilégier sur celle en « Éventail ». Encore un effet graphique en moins à gérer.

Les options de présentation

Tant que nous sommes sur le bureau, un second clic droit sur une fenêtre du Finder vous permettra d’afficher les options de présentation.

Options-presa

Si beaucoup de réglages dépendent de vos préférences personnelles, nous pouvons tout de même souligner que désactiver l’affichage des informations et l’aperçu à la place de l’icône pourrait encore un peu plus aider niveau réactivité (perçue).

Les préférences du Finder

Les préférences du Finder sont un autre panneau à explorer puisqu’on va pouvoir y indiquer :

  1. le dossier que les nouvelles fenêtres du Finder affichent ;
  2. le niveau de la recherche (champ de recherche de la fenêtre Finder).

Finder

Ces deux réglages peuvent vous sembler être de simples détails mais quand le Finder doit ouvrir le dossier « Tous les documents » ou rechercher dans l’intégralité de votre disque dur, une tâche extrêmement lourde est lancée. Résultat : votre Mac rame et vous vous énervez. Autant régler le problème une bonne fois pour toutes.

Les effets sonores

Je sais que cela peut paraître illogique mais la désactivation des effets sonores de l’interface utilisateur peut vous faire gagner en performances. C’est toujours une tâche en moins pour OS X…

Rendez-vous dans l’onglet « Son » des Préférences Système pour ce faire :

Effets-sonores

Il suffit d’y décocher la case correspondante. Les plus minimalistes en profiteront pour désactiver l’affichage du volume dans la barre des menus.

Les résultats de recherche Spotlight

Vous savez très certainement que quand l’indexation Spotlight se lance, elle n’hésite pas à empiéter sur vos tâches en cours. Le système ralentit pas mal, surtout si votre Mac est équipé d’un disque dur, et, pour ne rien arranger, la barre d’indexation semble ne jamais vouloir se compléter.

À d’autres occasions, la recherche peine à afficher les résultats parce qu’il y en a trop, ce qui défait quelque peu l’intérêt principal de Spotlight.

Mais vous êtes-vous déjà rendu dans les Préférences Système de Spotlight pour lui indiquer les catégories des résultats de recherche que vous souhaitez y voir apparaître ?

Spotlight

Il y a certainement des catégories dont vous pouvez vous passer, ce qui allégera le travail de Spotlight. Si vous avez des dizaines de milliers de mails et que vous demandez à Spotlight de ne pas y rechercher quoi que ce soit, vous devriez voir une petite différence.

Reset NVRAM

Après avoir effectué tous ces changements, pourquoi ne pas réinitialiser la mémoire NVRAM de votre Mac ?

D’expérience, cette réinitialisation peut régler quelques problèmes embêtants. Si vous souhaitez plus d’informations, vous pouvez consulter la page de support d’Apple à ce sujet. Pour les autres, il vous suffit de :

  1. éteindre votre Mac ;
  2. repérer les touches « cmd », « alt » (ou « option »), « P » et « R » de votre clavier ;
  3. démarrer le Mac ;
  4. enfoncer ces 4 touches juste après que le « gong » de démarrage ait tonné ;
  5. les maintenir jusqu’à ce que le Mac redémarre et qu’un second « gong » soit émis ;
  6. relâcher les touches.

Il faudra peut-être régler la résolution de votre écran, le volume, le disque de démarrage et le fuseau horaire après cette opération mais le tout peut largement valoir le coup.

Pour les experts uniquement

Il y a une dernière chose que les experts pourraient être tentés de faire : se débarrasser des langues et « architectures » dont ils n’ont pas besoin pour libérer un peu d’espace sur leur disque dur.

Dans ce cas, ils se tourneront vers Monolingual.

monolingual

Cette app permet d’effacer les langues et « architectures » (le code PowerPC, Intel 32 bit, etc.) que vous lui indiquerez.

Comme nous touchons à des fichiers sensibles, nous ne pouvons que conseiller à ceux qui ne comprendraient pas bien de quoi nous parlons ici de ne surtout pas utiliser cette app.

Les « experts » qui se lanceront dans cette tâche auront eux-même intérêt à jeter un coup d’œil à la FAQ puisqu’ils y apprendront que des problèmes peuvent se poser avec les logiciels Adobe ou Microsoft Office. Mieux vaut prévenir que guérir puisque vous pourriez y perdre énormément de temps.

Donc non, on oublie les langues puisque cela risque de casser la signature des apps.

Parlons un peu de votre utilisation

Ou plutôt de la mienne, qui est devenue très spécifique avec le temps, mon vieil iMac minimaliste aidant.

Tous ces réglages et optimisations suffisent dans un premier temps… mais très vite, vous pourrez très certainement vous rendre compte qu’il vous faut également changer votre manière d’utiliser votre Mac pour étendre sa durée de vie en tant que machine principale.

Certes, changer ses habitudes, c’est difficile, mais il y a plusieurs choses que vous pouvez tout de même envisager.

Savoir déceler les malwares

Le Mac qui ne craint plus les virus et malwares, c’est fini.

Si Apple pouvait se targuer de proposer un système d’exploitation sécurisé il y a encore quelques années, les annonces de découvertes de failles de sécurité se multiplient à l’heure actuelle. En outre, je sais d’expérience que pas mal de nouveaux utilisateurs installent par méconnaissance des malwares qui ralentissent énormément leur machine. Par conséquent, il n’est pas insensé de vous armer d’outils permettant de protéger votre système contre les menaces existantes.

MalwareBytes Anti-Malware for Mac est un utilitaire léger que vous devez absolument installer sur votre Mac.

Malwarebytes

Ce logiciel saura repérer les malwares susceptibles de ralentir votre Mac et vous en débarrasser. De quoi rendre quelques services même si une solution anti-virus comme ClamXav pourrait rapidement vous devenir indispensable.

Savoir considérer l’optimisation comme un facteur important

Si vous avez optimisé votre Mac, ce n’est pas pour que des applications qui ne le sont pas viennent souiller votre travail. Aussi, il convient de porter une attention particulière à ce point lorsque vous cherchez une nouvelle application.

Le plus léger ou optimisé, le mieux pour votre Mac.

En outre, si vous constatez qu’une app que vous utilisez régulièrement en demande beaucoup à votre Mac, peut-être que vous pourriez prendre le temps de vous intéresser à ses alternatives, plus légères, que vous pourriez utiliser 80 % du temps. On peut par exemple rappeler que pas mal d’utilisateurs de Photoshop se tournent vers Pixelmator, Affinity Photo & co. pour des traitements moins lourds.

Pour information, voilà la liste d’apps que j’utilise au quotidien :

  • Safari + uBlock pour le web ;
  • Sparrow, qui n’est malheureusement plus maintenu, pour les mails ;
  • l’app officielle Twitter ;
  • Pixelmator en remplacement de Photoshop, 80 % du temps ;
  • Texts/IA Writer en version « Classic » pour écrire ;
  • Fontcase, qui n’est plus maintenu, pour la gestion des polices ;
  • Leaf pour les flux RSS ;
  • Dropbox ;
  • Unclutter (j’y reviendrai plus en détails).

Les utilisateurs de l’app officielle Twitter seront certainement intéressés d’apprendre que celle-ci peut rapidement venir gonfler leur disque dur…

cache-twitter

Heureusement, il leur suffit de « Vider le cache » dans le menu principal de l’app pour effectuer un nettoyage de printemps. Il est forcément dommage que cela ne soit pas effectué automatiquement mais au moins, les développeurs proposent de le faire assez simplement, ce qui n’est pas forcément le cas pour beaucoup d’autres applications.

Savoir nettoyer régulièrement

Un Mac qui tourne bien est un Mac bien rangé.

Au fil des mois, les fichiers s’accumulent voire se dupliquent et votre disque dur s’encombre de giga-octets inutiles. Aussi, un petit nettoyage de printemps pourra donner un coup de fouet à votre machine si vous constatez qu’elle commence à s’essouffler. Pour ce faire, rien de plus facile :

  1. commencez avec OnyX, qui vous débarrassera gracieusement des historiques, logs, etc. ;
  2. enchaînez avec un utilitaire comme Daisy Disk, Gemini ou Dr. Cleaner pour vous débarrasser des fichiers dont vous n’avez pas besoin ;
  3. n’oubliez pas de vider régulièrement votre dossier « Téléchargements », qui passe souvent à la trappe mais qui peut contenir beaucoup de fichiers dont vous n’avez plus besoin ;
  4. n’oubliez pas de désinstaller les applications dont vous ne vous servez jamais.

Les utilisateurs de Chrome seront forcément surpris de découvrir que les anciennes versions ne sont pas effacées lors des mises à jour. Ce choix très discutable des développeurs du navigateur Google peut donc avoir un impact significatif sur votre espace de stockage avec le temps.

Pour effacer ces anciennes versions, il faudra effectuer un clic droit sur l’icône de l’app afin de pouvoir « Afficher le contenu du paquet ».

Chrome-anciennes versions

Il suffira ensuite de se rendre dans le dossier « Versions » afin de sélectionner les dossiers des anciennes versions du navigateur et les mettre à la corbeille.

Le nettoyage, c’est bien, mais il y a aussi la maintenance à envisager. Si OnyX permet d’effectuer cette maintenance de manière très étendue, il y a au moins 1 chose que vous pouvez faire assez facilement avec un outil par défaut d’OS X : réparer les autorisations de votre disque à l’aide de l’app « Utilitaire de disque ».

Cela peut résoudre quelques problèmes et ne demande que 5 minutes après chaque mise à jour d’OS X.

Savoir fouiller les préférences des apps

Nettoyer peut prendre énormément de temps, a fortiori si votre disque dur commence à saturer. Alors que diriez-vous de régler une partie du problème avant même de n’avoir à vous en occuper ?

Les préférences des apps que vous utilisez doivent être parcourues avec beaucoup d’attention. En effet, il n’est pas rare d’y trouver des réglages qui vous permettront de minimiser leur impact sur votre espace de stockage. Nous allons nous intéresser à Mail.app et Safari pour illustrer le propos mais ce ne sont évidemment pas les seules auxquelles il faut vous intéresser.

Le panneau de préférences de Mail contient quelques pépites qui vous permettront de gagner beaucoup d’espace disque. Sans rien faire.

Le réglage le plus important à mon sens est celui du téléchargement automatique des pièces jointes.

pj-dl

Il se trouve dans l’onglet « Comptes », pour chaque compte renseigné. Décochez cette case et les pièces jointes ne seront plus automatiquement téléchargées et stockées dans la librairie de Mail. Bref, vous pourrez choisir quand télécharger une pièce jointe sur votre ordinateur, vous n’encombrerez plus votre disque dur avec des documents dont vous n’avez aucune utilité.

D’autres réglages peuvent être intéressants, comme la désactivation du chargement des contenus distants (onglet « Présentation ») ou le délai de suppression automatique de différents éléments (onglets « Général » et « Comptes > Comportement des BAL »). À vous de décider du meilleur compromis en fonction de votre usage.

Passons à Safari, qui peut lui aussi faire « grossir la note » assez rapidement.

Safari-historique

Dans l’onglet « Général » des préférences, vous pourrez par exemple indiquer quand le navigateur doit supprimer les éléments